GUIDE DE LA RETRAITE
Informations clarté
Les informations contenues dans ce document, en vigueur au 01/09/2005
et susceptibles d’évolution, sont présentées sous réserve de l’ensemble
des dispositions légales et des stipulations contractuelles, conditions
et/ou limites comprises, applicables à chacun des produits et contrats
mentionnés.
Pourquoi un guide de la retraite ?
Le système de retraite français est l’un des plus complexes.
De plus, s’ajoutant à la sécurité sociale et aux organismes
complémentaires, les solutions existantes en matière de retraite sont
multiples et variées.
Et de nombreux facteurs, qu’ils soient d’ordre démographique,
économique ou juridique, conduisent aujourd’hui les Français à
s’intéresser à leur retraite de plus en plus tôt.
L’objectif de ce guide est de vous permettre de comprendre les
mécanismes de la retraite afin que vous puissiez faire les choix les plus
pertinents et les mieux adaptés à votre situation personnelle.
Ainsi, ce guide s’articule autour de trois grands chapitres :
- le système de protection sociale en France.
- quels revenus pour votre retraite ?
- les produits d’épargne retraite
complémentaire.
S’y ajoutent une partie pratique concernant les démarches à effectuer,
les outils d’information mis à votre disposition et un indispensable
lexique.
Cependant, dans la mesure où la situation de chacun est unique et
particulière, et parce que la préparation de votre retraite nécessite
réflexion, seul un professionnel qualifié peut vous conseiller précisément
sur les différents modes d’épargne et les adapter à vos besoins.
Bonne lecture !
L’assurance vieillesse
Mécanisme du système
Deux principes sont envisagés en terme de gestion des retraites : la
répartition et la capitalisation. L’un et l’autre impliquent des choix
économiques.
La répartition
Le système de retraite par répartition repose sur une forte solidarité
entre générations : les cotisations versées par les actifs au titre de
l’assurance vieillesse sont immédiatement utilisées pour payer les
pensions des retraités. C’est le mécanisme actuellement en vigueur en
France. L’équilibre financier de ce système dépend du rapport
démographique entre le nombre de cotisants et celui des retraités.
La capitalisation
Fondée sur une épargne collective ou individuelle, la capitalisation
consiste à mettre en réserve pour l’avenir les cotisations versées par les
assurés ou l’employeur. Ce capital, rapportant des intérêts, forme à long
terme les réserves nécessaires au versement des prestations aux assurés au
moment de leur retraite.
Dans le régime de retraite par capitalisation, les actifs d’aujourd’hui
épargnent en vue de leur propre retraite. C’est le mécanisme prédominant
dans les pays anglo-saxons, notamment les États- Unis.
Des réformes nécessaires
La répartition est un système viable tant que le nombre d’actifs
cotisants est suffisant par rapport au nombre de retraités. Or, en France,
la démographie actuelle bloque à terme ce système puisque, si en 1990, il
y avait 10 actifs pour 3 retraités, d’ici 2040, il y aura 8 actifs pour 10
retraités.
Avec l’allongement de la durée de vie et l’arrivée à la retraite des
enfants du babyboom, les réformes de l’assurance vieillesse sont
inéluctables. Ainsi, depuis le 1er janvier 1994, certains aménagements ont
été mis en place :
- allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite
à taux plein : de 150 à 160 trimestres, soit 40 ans ;
- extension de la période de référence du calcul de la pension: 25
meilleures années au lieu de 10 ;
- indexation des pensions sur les prix à la consommation jusqu’en
1998.
En août 2003, la loi Fillon portant réforme de la retraite réaffirme le
principe de la retraite par répartition, mais elle aménage et harmonise
les différents régimes, de manière à stabiliser, à l’horizon 2020, le
rapport entre le temps de travail et le temps de retraite.
Les principaux points de cette loi et de ses textes d’application
portent sur :
- le rapprochement du dispositif de retraite des fonctionnaires sur
celui des salariés du secteur privé ;
- l’allongement général de la durée de cotisations (164 trimestres en
2012, soit 41 ans) ;
- la mise en place d’un mécanisme de surcote, permettant d’obtenir une
majoration de 3 % de la pension pour les salariés âgés de plus de 60 ans
ayant cotisé au moins 160 trimestres et continuant à travailler ;
- la possibilité de racheter des années d’études supérieures (3 ans
maximum) ;
- la possibilité pour les salariés ayant commencé à travailler très
jeunes et ayant une longue carrière de liquider leur pension avant 60
ans.
Par ailleurs, la loi Fillon a instauré de nouveaux produits d’épargne
réservés à la retraite et fondés sur le principe de la capitalisation. Il
s’agit du Plan d’Épargne Retraite Populaire (PERP), du Plan d’Épargne
Retraite Collectif (PERCO) et du Plan d’Épargne Retraite Entreprise
(PERE).
Les régimes de base et les régimes complémentaires
Selon le secteur d’activité et le statut, le régime de retraite n’est
pas le même. On distingue trois grands régimes de retraite qui concernent
les salariés du secteur privé, les salariés de la fonction publique et les
travailleurs non salariés.
Les salariés du secteur privé
Ils sont assujettis à deux régimes de retraite obligatoires :
- le régime de base de la sécurité sociale (CNAV): le montant de la
pension versée
dépend de la durée de cotisation et du niveau des rémunérations perçues ;
- des régimes complémentaires obligatoires (ARRCO et AGIRC) : une
pension complémentaire est versée en contrepartie du versement régulier de
cotisations obligatoires.
Les salariés non-cadres cotisent à une caisse relevant du régime ARRCO
et les cadres versent leurs cotisations à deux caisses, l’une relevant de
l’ARRCO et l’autre de l’AGIRC.
Les salariés de la fonction publique
Jusqu’au 1er janvier 2004, cette catégorie de salariés bénéficiait d’un
régime de retraite particulier, puisqu’ils cotisaient pour la grande
majorité d’entre eux à un régime unique. Avec la loi Fillon, leur régime
de retraite va rejoindre progressivement celui des salariés du secteur
privé.
Les travailleurs non salariés
On distingue pour les travailleurs non salariés 4 principaux régimes de
retraite :
les artisans : ils disposent d’un régime d’assurance
vieillesse spécifique (CANCAVA) aligné sur le régime de base de la
sécurité sociale ainsi que d’un régime complémentaire obligatoire ;
les commerçants et industriels : leur régime de
retraite (ORGANIC) est aligné sur le régime général et ils peuvent cotiser
à un régime complémentaire volontaire ;
les travailleurs agricoles non salariés : ils
dépendent d’un régime particulier (MSA) et cotisent de manière obligatoire
à un régime complémentaire ;
les professions libérales : au- delà d’un système de
base commun, chaque profession dispose de son propre régime
complémentaire.
De quel(s) organisme(s) de retraite complémentaire dépendez-vous ?

Si, au cours de votre carrière, vous avez changé de métier,
de statut et/ou de secteur d’activité, il faudra vous renseigner auprès de
chacun des organismes afin de vous assurer d’être en possession de toutes
les données vous concernant.
Il est donc indispensable de garder précieusement vos
relevés de points tout au long de votre carrière en plus de vos bulletins
de salaires. Quels revenus pour votre
retraite ?
Difficile de savoir de quoi l’avenir sera fait : mobilité
professionnelle, changements
de carrière ou familiaux, les éléments d’incertitude sont nombreux.
En tout état de cause, il est indispensable de préparer sa retraite :
c’est un long moment de vie et il est important de mettre les meilleurs
atouts de son côté le plus tôt possible.
Le bilan de retraite personnalisé
Il permet de connaître, de manière d’autant plus précise que vous
approchez de l’âge de la retraite, le montant de vos revenus au moment du
départ. Les moyens d’obtenir ce bilan sont divers.
Le relevé de carrière
À partir de 55 ans, vous pouvez demander un relevé de carrière à votre
caisse régionale d’assurance vieillesse et sur le site de la CNAV
(www.cnav.fr) qui offre un calcul estimatif de la pension. Tout salarié du
privé a également la possibilité d’interroger sa dernière caisse de
retraite AGIRC ou ARRCO.
Les fonctionnaires doivent s’adresser à leur administration, les
artisans à la CANCAVA, les commerçants et industriels à l’ORGANIC, les
professions libérales à la CNAVPL et les exploitants agricoles à la
MSA.
Si vous avez exercé votre activité professionnelle dans
différents régimes, ce sont autant de demandes à effectuer.
Une information individuelle globale
À compter de 2006, chacun devrait recevoir régulièrement un bilan
complet de ses droits à la retraite, intégrant les régimes de base et les
régimes complémentaires, ainsi qu’une simulation de sa future pension.
Ceci implique une bonne coordination entre les différents régimes de
retraite, afin de faciliter la consolidation des données et procurer ainsi
à chaque assuré une information complète.
Un service d’évaluation
Un service indicatif d’évaluation devrait être disponible sur le site :
www.retraites.gouv.fr.
Alimenté par des données publiques, il sera prioritairement destiné aux
actifs les plus âgés, car ce sont les plus concernés.
Des formules sur mesure
L’information publique sur l’estimation des retraites laisse un vaste
champ d’investigation à de nombreux acteurs privés (sociétés spécialisées
ou actuaires) qui proposent un bilan personnalisé pour un tarif situé
entre 1 000 et 2 000 euros.
Il est également possible de demander à votre conseiller, qui dispose
d’outils adaptés, une estimation de votre taux de remplacement.
Quels éléments prendre en compte dans votre estimation de revenus
?
Outre les données obtenues grâce au bilan retraite, il faut tenir
compte d’un certain nombre d’autres éléments :
- les qualités des contrats obligatoires comme facultatifs (PERP,
PERCO, contrats de retraite collective*),
- les performances des contrats d’assurance-vie ou des produits
bancaires,
- le fait de bénéficier d’une prime de départ substantielle, voire de
la cession de stock-options.
Par ailleurs, parmi les salariés et non salariés parvenant à l’âge de
la retraite, tous ceux qui auront acheté leur résidence principale et fini
de la payer (un Français sur deux) économiseront le montant d’un
loyer.
Enfin, selon son environnement familial, un célibataire (ou
un couple) reçoit généralement à l’âge de la retraite un ou deux
héritage(s) plus ou moins important(s), mais comprenant fréquemment un
bien immobilier au moins.
Ce dernier peut alors être revendu et/ou valorisé, ce qui
s’ajoute aux revenus existants.
Estimez vos capacités d’épargne
De nombreux facteurs déterminent les revenus de retraite : déroulement
de carrière, situation familiale, mais aussi les choix effectués en
matière d’épargne retraite.
Le calcul anticipé des revenus escomptés au moment de la retraite
comporte d’importantes inconnues en début de carrière: le degré de
réussite professionnelle par exemple, sans oublier la santé, le risque
d’accident, de faillite, de licenciement, de modification législative ou
fiscale…
Quelqu’un qui part à la retraite aujourd’hui touchera environ 60 % de
son dernier salaire. Pour celui qui partira dans 10, 20, 30 ans ou plus,
ce taux chutera vraisemblablement de manière significative.
Il est donc important, quel que soit son âge (et le plus tôt
est le mieux), de penser à se constituer un complément de revenus en vue
de la retraite.
Comment faire en pratique ?
Effectuez une estimation gratuite de votre future retraite, auprès de
votre conseiller ou sur le site www.suravenir.fr. Vous pourrez calculer,
en pourcentage de votre dernier salaire, ce que vous souhaiteriez toucher
pour vivre confortablement votre retraite. Vous connaîtrez alors le
montant de l’effort d’épargne que cela vous demande dès aujourd’hui.
Il vous restera ensuite à sélectionner les produits d’épargne retraite
qui vous permettront d’atteindre votre objectif.
Les solutions d’épargne
Pas facile de choisir entre les différents dispositifs, d’autant qu’il
existe des produits individuels ou collectifs ! Mieux vaut être informé de
toutes les solutions
existantes, de manière à trouver celles qui correspondent à votre
budget et à vos attentes.
L’immobilier
Pour se constituer un patrimoine, investir dans l’immobilier est une
bonne solution. Certaines formules de placement permettent en effet de se
préparer une retraite plus confortable sans pour autant se lancer dans des
opérations lourdes.
Acquérir sa résidence
Devenir propriétaire, c’est à la fois se constituer un patrimoine et
préparer sa retraite. Quant à savoir s’il vaut mieux acheter sa résidence
principale ou secondaire, peu importe(1) ! Une résidence principale
éloignée de la famille ou implantée dans une région peu hospitalière
devient vite une contrainte. Mieux vaut parfois investir dans une
résidence secondaire bien située qui vous accueillera définitivement une
fois votre vie professionnelle terminée.
Acheter pour louer
L’investissement immobilier peut également représenter pour vous un
complément de revenus appréciable. L’immobilier locatif (neuf ou ancien)
et l’investissement pierre-papier (parts de SCPI(2)) sont les solutions
les plus couramment retenues.
Quelle que soit votre situation, un entretien avec votre conseiller
vous permettra d’y voir plus clair. Car il faut envisager le projet sous
tous ses aspects : du financement à la fiscalité, rien ne doit être laissé
au hasard. Et un financement bien pensé peut s’avérer un levier fiscal
intéressant.
(1) Sous réserve des conditions d’attribution relatives aux prêts
immobiliers réglementés.
(2) Société Civile de Placements Immobiliers.
L’assurance-vie
Rendement confortable, souplesse des formules et fiscalité avantageuse
: le contrat d’assurance-vie apparaît aujourd’hui comme l’un des produits
les plus en vue du marché. C’est un produit idéal qui figure au premier
plan pour se constituer un complément de retraite.
Parmi les produits d’épargne retraite,l’assurance-vie présente un
attrait certain, notamment par sa fiscalité privilégiée.
Formules garanties ou non, en unités de compte ou en euros, à
versements libres ou programmés : l’assurance-vie s’adapte à vos
aspirations.
Le contrat le plus souple pour se constituer un complément de
ressources en vue de la retraite est le contrat multisupport. Il permet en
effet, dans son cadre fiscal avantageux :
- d’opter pour une épargne sécurisée, avec le fonds en euros ;
- de diversifier tout ou partie de son capital sur les unités de
compte.
Une épargne en toute sécurité : le fonds en euros
Le fonds en euros permet un investissement sans risque en capital et
bénéficie d’un rendement lié au niveau du marché obligataire.
Les intérêts dégagés sur le fonds en euros sont définitivement acquis :
c’est l’effet de “cliquet” ; ils bénéficient à leur tour des mêmes
modalités de rémunération que les versements.
Cet investissement sécuritaire peut être complété par une
diversification sous forme d’obligations convertibles en actions.
Diversifier son capital : quelles options retenir* ?
Différentes options s’offrent à vous pour diversifier votre épargne. En
effet, il vous est possible d’opter pour une gestion libre, dans laquelle
vous choisissez, parmi les supports d’investissement proposés dans le
contrat, ceux qui correspondent le mieux à vos objectifs.
La plupart des contrats d’assurance- vie permettent également d’opter
pour une gestion profilée, sur deux modèles :
- la gestion à horizon, pour se constituer un capital en vue d’une
échéance connue à l’avance (par exemple la date de votre retraite), avec
une sécurisation progressive à l’approche de l’échéance ;
les fonds profilés (du plus prudent au plus dynamique) pour se
constituer un capital qui sera géré selon le niveau de risque accepté.
Quelle fiscalité pour l’assurance- vie ?
La fiscalité d’un contrat d’assurance-vie est avantageuse,
particulièrement si le contrat a plus de 8 ans. Pour plus d’information,
n’hésitez pas à demander le Guide fiscal de l’assurance-vie. Il vous sera
remis gracieusement.
Les produits bancaires
Ils constituent des solutions performantes(1) pour améliorer votre
future retraite.
Pas à pas…
L’épargne volontaire reste une bonne solution pour améliorer votre
retraite. Le succès de cette démarche nécessite un préalable : se
constituer une épargne de précaution pour faire face à d’éventuels
imprévus. Ce préalable étant respecté, un certain nombre de solutions
s’offrent à vous.
Vous pouvez, par exemple, optimiser vos placements existants par des
versements périodiques. Ils permettent d’augmenter son capital de façon
progressive et en douceur : une méthode simple et efficace pour épargner
sans déséquilibrer son budget.
Par ailleurs, le Plan d’Épargne en Actions est une des autres réponses
possibles.
Le PEA : pour dynamiser votre épargne
Le Plan d’Épargne en Actions est une solution idéale pour celles et
ceux qui disposent d’un peu de temps pour préparer financièrement leur
retraite. En effet, à condition de n’effectuer aucun retrait pendant 5
ans, les gains réalisés dans un PEA sont définitivement exonérés d’impôt
sur le revenu (hors contributions sociales), y compris lors de leur
sortie. Et, à l’issue de 8 ans minimum, vous pouvez, par exemple, choisir
de sortir en rente viagère, afin d’obtenir un complément de retraite.
Tout retrait avant 8 ans entraîne la clôture du placement.
Passé ce délai, les retraits partiels deviennent possibles sans engendrer
la clôture du PEA.
Un placement accessible à tous(2)
Par sa souplesse de fonctionnement et la diversité des formules
d’investissement qu’il propose, le PEA est réellement un placement
accessible à tous : des fonds à formule garantis sont émis périodiquement,
de nombreux Fonds Communs de Placement et SICAV répondant aux normes du
PEA vous sont proposés et vous pouvez investir vous-même en actions de la
zone euro. Le choix est vaste et permet à chacun une gestion personnalisée
de son niveau de risque et de son placement.
(1) Les placements boursiers sont soumis aux fluctuations, à la hausse
ou à la baisse, des marchés financiers. Les résultats passés ne sauraient
préjuger des résultats à venir.
(2) Sous réserve de domiciliation fiscale en France.
Le plan d’épargne retraite populaire
Ce nouveau dispositif, créé par la loi Fillon, est ouvert à toute
personne désirant se constituer à son rythme une épargne retraite à des
conditions fiscalement avantageuses.
Le PERP peut être souscrit par toute personne, quel que soit son statut
: salarié, travailleur non salarié, exploitant agricole, fonctionnaire,
inactif.
L’épargne accumulée sera bloquée jusqu’à votre départ en retraite.
Souscrire un tel contrat, c’est donc s’engager sur le long terme.
En matière de versements, le plan d’épargne retraite populaire
bénéficie de la même souplesse qu’un contrat d’assurance-vie. Libres ou
programmés, les versements ne sont pas plafonnés.
La sortie en rente
Seule une sortie au moment du départ à la retraite est autorisée. Elle
se fera sous forme de rente viagère et viendra compléter les pensions
éventuellement perçues au titre des régimes de base et complémentaires. Le
montant de la rente dépendra pour partie de la somme totale versée sur
votre contrat, de votre âge au moment du départ en retraite et des options
de rente choisies (réversion, annuités garanties...).
Dans des cas exceptionnels définis par la loi, cette épargne peut être
débloquée avant le départ à la retraite. C’est notamment possible dans
certains cas d’invalidité, de fin de droit au chômage ou de liquidation
judiciaire.
La fiscalité du PERP
C’est au moment où vous alimentez votre plan d’épargne retraite
populaire que vous pouvez bénéficier d’avantages fiscaux. En effet, les
sommes versées sur votre contrat sont déductibles chaque année de votre
revenu imposable dans la limite d’un plafond global de déductibilité
équivalent à 10% de vos revenus d’activité professionnelle (1).
Et si vous ne profitez pas totalement de cette opportunité, le solde
non utilisé peut être reporté au maximum sur les trois années suivantes.
Un avantage d’autant plus intéressant si vous êtes imposé de façon
significative.
La rente versée au moment du départ à la retraite est, quant à elle,
imposable selon le régime des pensions.
En cas de décès, vous pouvez également choisir qu’elle soit reversée à
un bénéficiaire désigné.
Au moment de se décider à mettre en place sa solution retraite
individuelle, il est important de se renseigner, au sein de son
entreprise, sur les mécanismes déjà mis en place par l’employeur (article
83, PEE, PERCO). En effet, l’impact fiscal du PERP au niveau individuel
est lié aux versements déjà effectués dans le cadre de ces contrats
collectifs.
Les cotisations déductibles versées le cas échéant à d’autres régimes
de retraite facultatifs (art.83, Madelin...) s’imputent sur ce même
plafond.
Les contrats collectifs
Parmi les produits d’épargne retraite, certains sont accessibles par le
biais de l’entreprise, comme le Plan d’Épargne Retraite COllective (PERCO)
ou les contrats dits “article 83”.
Mais seul l’employeur peut les mettre en place.
Le PERCO
Il est destiné aux salariés qui désirent épargner durant leur vie
active en vue
d’avoir une meilleure retraite le moment venu.
Il est en partie financé par l’entreprise, qui peut verser un
abondement venant majorer l’épargne investie par le salarié : lorsque le
salarié choisit de verser une somme sur son PERCO, l’entreprise peut
s’être engagée à verser un montant proportionnel. Cet abondement n’est pas
soumis à l’impôt ni aux charges sociales (dans la limite de 4 600 euros
par an).
Les sommes placées sur le PERCO sont indisponibles jusqu’à la date du
départ en retraite. Elles sont investies dans des Organismes de Placements
Collectifs en Valeurs Mobilières (OPCVM) : Sicav, fonds communs de
placement…
Au moment du départ à la retraite, les capitaux peuvent être perçus
sous forme d’une somme versée en une seule fois et exonérée d’impôt, ou
sous forme de rente.
Cette épargne ne peut être débloquée avant le départ à la retraite sauf
dans certaines situations, définies par la loi.
C’est le cas lors de l’acquisition d’une résidence principale, en cas
d’invalidité, de fin de droit au chômage ou de surendettement.
Le contrat article 83
Il s’agit d’un contrat collectif de retraite surcomplémentaire à
affiliation obligatoire. La mise en place de ce type de contrat permet à
l’entreprise de constituer pour tous ses salariés, ou seulement certaines
catégories, une rente viagère perçue au moment du départ à la
retraite.
Mis en place par accord d’entreprise, référendum ou décision
unilatérale de l’employeur, le contrat ouvre à chaque salarié concerné un
fonds individuel de retraite, alimenté par l’entreprise et éventuellement
par le salarié lui-même. L’entreprise peut aussi reconstituer pour ses
salariés tout ou partie des années correspondant à celles passées dans
l’entreprise avant la mise en place du contrat.
Au moment du départ en retraite, le fonds est transformé en rente
viagère, sans possibilité de sortie en capital.
Ce complément de revenus permettra aux salariés concernés, au moment de
leur cessation d’activité, de maintenir un niveau de vie plus proche de
celui auquel ils étaient habitués.
Ce type de contrat est particulièrement souple et attrayant sur le plan
fiscal et social, tant pour l’entreprise que pour le salarié, dans
certaines limites et sous certaines conditions.
Le contrat article 83 est désormais éligible aux nouvelles dispositions
de la loi Fillon sous réserve qu’il respecte certaines règles applicables
au PERP. Il est alors appelé PERE (Plan d’Épargne Retraite Entreprise). Il
permet d’offrir aux salariés, dans le cadre de l’entreprise, un produit de
retraite supplémentaire comprenant:
- des cotisations obligatoires déductibles des salaires,
- des cotisations facultatives déductibles du revenu net global.
Le contrat “loi Madelin”
Il a été créé afin de réduire les inégalités entre salariés et
professionnels indépendants. Grâce à ce type de contrat, les travailleurs
non salariés non agricoles ainsi que leurs conjoints collaborateurs
peuvent se constituer un complément de retraite et déduire de leur
bénéfice imposable les cotisations versées (sous certaines conditions et
dans certaines limites). La prestation leur est versée à compter de la
liquidation de la retraite, obligatoirement sous la forme d’une rente
viagère, imposable au titre du régime des pensions. Cette rente peur être
réversible en cas de décès. Il est cependant possible de procéder à un
rachat de son contrat en cas de cessation d’activité consécutive à un
jugement de liquidation judiciaire, ou en cas d’invalidité de 2e ou 3e
catégorie. Les fonds disponibles sur le contrat sont alors versés sous
forme de capital.
Jouer la complémentarité
Bien préparer sa retraite, c’est l’objectif commun à tous ces produits,
dont le fonctionnement et les atouts particuliers restent très
complémentaires.
En tout état de cause et pour être sûr de faire les bons choix, compte
tenu de votre situation familiale, financière et patrimoniale, faites
confiance à votre conseiller. Vous sélectionnerez ensemble les produits
les mieux adaptés à votre “stratégie retraite”.
Les informations pratiques sur la retraite
Quelles démarches pour préparer votre retraite ?
La retraite se prépare dès l’entrée dans la vie active.
Plus l’échéance approche, plus il est nécessaire de s’en préoccuper.
Afin d’ajuster votre stratégie patrimoniale, pensez à faire un bilan à
partir de la quarantaine et plus nécessairement encore après 50 ans, en
interrogeant les divers organismes publics et privés auxquels vous avez
été assujettis durant votre carrière.
La marche à suivre
- Dès votre entrée dans la vie active :
préoccupez-vous des différents mécanismes de financement complémentaire
pour votre retraite.
- Au plus tard 20 ans avant la cessation d’activité :
faites une simulation pour estimer le montant de votre future pension de
retraite et commencez à épargner. Plus vous démarrerez tôt cet effort
d’épargne, moins celui-ci vous paraîtra contraignant. Il le sera d’autant
moins si vous optez pour la mise en place de versements programmés.
- 10 ans avant la cessation d’activité : ajustez votre
stratégie patrimoniale en mettant en place, si besoin est, des contrats
appropriés.
- 5 ans avant la cessation d’activité : commencez à
collecter tous les documents retraçant votre carrière professionnelle :
bulletins de salaires, certificats de travail, justificatifs de maladie ou
de périodes de chômage, relevés de points de retraite.
- 1 à 2 ans avant la cessation d’activité : demandez
votre relevé de cotisation-salaire à la Caisse Nationale d’Assurance
Vieillesse. Si le nombre de trimestres n’est pas suffisant pour percevoir
une retraite à taux plein, vous avez intérêt à continuer de travailler
pour parvenir au nombre de trimestres nécessaires.
- 6 mois avant le départ en retraite : demandez
l’imprimé "demande de liquidation de la retraite" auprès de votre caisse
de Sécurité Sociale ou de votre mairie. Prévenez votre employeur de votre
intention de partir en retraite, afin de respecter le délai officiel de
préavis, cette démarche étant entièrement à votre initiative.
Quant à savoir comment s’y retrouver, entre produits bancaires,
assurance-vie et plan d’épargne retraite populaire, entre sortie en rente
ou en capital, ou encore entre sécurité et degré d’exposition au risque,
la meilleure solution consiste à déterminer une juste répartition avec le
concours d’un professionnel.
Il est également nécessaire de garder en permanence un œil sur le
compteur fiscal. Cependant, ce n’est qu’un paramètre parmi d’autres,
susceptible d’évoluer.
Où s’informer ?
Point d’accueil-retraite de la Caisse Nationale
d’Assurance Vieillesse la plus proche de votre domicile.
Par téléphone
0 826 826 700 : Service Infos Retraites, agréé par le ministère des
Affaires Sociales (0,15 e TTC/mn).
01 71 72 12 00 : AGIRC et ARRCO (prix d’un appel local), de 9 h 30 à 12
h 15 et de 14 h 15 à 16 heures, du lundi au samedi.
Sites internet
www.retraites.gouv.fr : site
officiel du gouvernement pour l’information sur l’avenir des
retraites.
www.cnav.fr : site commun des
organismes de retraite, parmi lesquels la Caisse Nationale d’Assurance
Vieillesse.
www.observatoire-retraites.org
: site de l’Observatoire des Retraites, association ayant pour mission
d’encourager l’étude et l’analyse des différents systèmes de retraite.
www.espaceretraite.tm.fr
: créé par la CNAV en collaboration avec d’autres régimes
complémentaires.
www.service-public.fr :
portail de l’administration française- Cliquez sur Retraite.
www.agirc.fr : site du régime de
retraite complémentaire des salariés cadres.
www.arrco.fr : site du régime de
retraite complémentaire des salariés du secteur privé.
Guides gratuits
Ma retraite mode d’emploi (régime général)
publié par le ministère des Affaires sociales, du Travail et de la
Solidarité (Sicom).
Retraite des fonctionnaires, guide pratique (fonction publique).
Lexique
Annuité : montant de prestation correspondant à une
année de cotisation.
Caisse de retraite : c’est l’organisme qui met en
application l’ensemble des règles édictées par un régime. Elle reçoit les
adhésions des sociétés, les affiliations des participants, les cotisations
et distribue en retour les pensions.
Capitalisation (retraite par) : système de retraite
fondé sur la constitution d’une épargne individuelle qui fructifie par ses
intérêts financiers (opposé à répartition).
Contrats dits art.83, ou régimes à cotisations
définies : ce sont des contrats d’assurance de groupe signés
entre un assureur et un employeur. Tous les salariés ou une partie des
salariés de l’entreprise contractante y sont affiliés ; ils bénéficieront
ainsi d’un complément de retraite.Le montant des cotisations doit être
uniforme pour tout le personnel ou une catégorie définie, telle que les
cadres par exemple.
Liquidation : on parle de liquidation de ses droits à
la retraite, ou bien de liquider sa retraite. La liquidation est le calcul
des droits à la retraite. La date de liquidation détermine le point de
départ de la pension.
Pension de réversion : une personne ayant cotisé à un
régime de retraite perçoit une pension de retraite de “droit direct”.Une
veuve (ou un veuf) peut recevoir une partie de la pension de son conjoint
décédé : c’est une pension de réversion, dite aussi de “droit dérivé”.
Régime de base : c’est le premier niveau de retraite
obligatoire. Tous les actifs sont donc affiliés, selon leur catégorie, à
l’un des quatre régimes de base (salariés, non-salariés, agricoles,
fonction publique).
deRégimes alignés : régime de base appliquant des
règles alignées sur celles du régime général (CNAV). Il s’agit de la
CANCAVA pour les artisans, de l’ORGANIC pour les commerçants, du régime
géré par la MSA pour les salariés agricoles.
Régime de retraite : c’est un ensemble de règles
communes destinées à une catégorie précise de personnes. Ces règles
détaillent dans quelles conditions et selon quels critères la pension de
retraite sera attribuée.
Régime complémentaire : régime de retraite qui vient
en complément du régime de base, notamment pour les salariés du privé ou
pour les non-salariés. Il fonctionne le plus souvent en points.
Régime par points : régime dans lequel les cotisations
donnent lieu chaque année à l’acquisition par l’assuré d’un certain nombre
de points. Pour cela on divise le montant de la cotisation versée par une
grandeur appelée “salaire de référence” ; le nombre de points est ainsi
proportionnel à la cotisation et donc au salaire. Ce salaire de référence
est révisé tous les ans en fonction de l’évolution des prix ou des
salaires.Au moment du départ en retraite, la pension est égale au produit
du nombre de points par la valeur de service du point. La valeur du point
peut être indexée sur les prix ou sur les salaires. Ainsi, la pension
n’est pas calculée en fonction du nombre d’années validées mais en
fonction du nombre de points comptabilisés tout au long de la
carrière.
Répartition (retraite par) : le système par
répartition est celui qui fonctionne aujourd’hui en France pour les
régimes obligatoires. Ce système est fondé sur un contrat entre les
générations : les actifs d’aujourd’hui payent les pensions des retraités
d’aujourd’hui et ce sont les actifs de demain qui financeront à leur tour
les retraites des actifs d’aujourd’hui.
Revalorisation : tous les ans les pensions de retraite
peuvent être revalorisées (augmentées) afin de tenir compte de l’évolution
des prix, ou pour maintenir une évolution parallèle à celle des salaires ;
la revalorisation peut aussi être un peu supérieure aux prix, c’est le
“coup de pouce”. Pour les régimes par points,la pension étant calculée en
fonction du nombre de points, c’est la valeur du point qui est revalorisée
chaque année.
On parle d’indexation sur les prix ou sur les
salaires pour désigner une règle générale de revalorisation en fonctionde
l’évolution des prix ou des salaires.
Réversion : droits accordés aux ayants droits d’un
retraité décédé. Ces derniers bénéficient d’une partie de la retraite sans
avoir eux- mêmes cotisé.
Taux de remplacement : c’est le rapport entre le
montant de la pension et le dernier salaire obtenu.
Sigles et acronymes
AGIRC : Association Générale des Institutions de
Retraite des Cadres(pour les salariés du secteur privé).
ARRCO : Association des Régimes de Retraite
Complémentaires (pour les salariés du secteur privé).
CNAV : Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des
travailleurs salariés (régime général).
FRR : Fonds de Réserve pour les Retraites.
FSV : Fonds de Solidarité Vieillesse.
MSA : Mutualité Sociale Agricole (régime de base pour
les exploitants agricoles).
PEA : Plan d’épargne en Actions.
PEE : Plan d’épargne Entreprise.
PERCO : Plan d’épargne Retraite COllectif.
PERE : Plan d’épargne Retraite Entreprise.
PERP : Plan d’épargne Retraite Populaire.
PGD : Plafond Global de Déductibilité.
PRP : Dispositif de préretraite Progressive.
reux facteurs, qu’ils soient d’ordre démographique, économique ou
juridique, conduisent aujourd’hui les Français à s’intéresser à leur
retraite de plus en plus tôt.
L’objectif de ce guide est de vous permettre de comprendre les
mécanismes de la retraite afin que vous puissiez faire les choix
les plus pertinents et les mieux adaptés à votre situation
personnelle.
Ainsi, ce guide s’articule autour de trois grands chapitres
:
le système de protection sociale en France.
quels revenus pour votre retraite ?
les produits d’épargne retraite complémentaire.
S’y ajoutent une partie pratique concernant les démarches
à effectuer, les outils d’information mis à votre
disposition et un indispensable lexique.
Cependant, dans la mesure où la situation de chacun est unique
et particulière, et parce que la préparation de votre retraite
nécessite réflexion, seul un professionnel qualifié
peut vous conseiller précisément sur les différents
modes d’épargne et les adapter à vos besoins.
Bonne lecture !
L’assurance vieillesse
Mécanisme du système
Deux principes sont envisagés en terme de gestion des
retraites : la répartition et la capitalisation. L’un
et l’autre impliquent des choix économiques.
La répartition
Le système de retraite par répartition repose sur une forte
solidarité entre
générations : les cotisations versées
par les actifs au titre de l’assurance vieillesse
sont immédiatement utilisées pour payer les pensions des
retraités. C’est le mécanisme actuellement en vigueur
en France. L’équilibre financier de ce système dépend
du rapport démographique entre le nombre de cotisants et celui
des retraités.
La capitalisation
Fondée sur une épargne collective ou individuelle, la capitalisation
consiste à mettre en réserve pour l’avenir les cotisations
versées par les assurés ou l’employeur. Ce capital,
rapportant des intérêts, forme à long terme les réserves
nécessaires au versement des prestations aux assurés au
moment de leur retraite.
• Dans le régime de retraite par capitalisation, les actifs
d’aujourd’hui épargnent
• en vue de leur propre retraite. C’est le mécanisme
prédominant dans les pays
• anglo-saxons, notamment les États- Unis.
Des réformes nécessaires
La répartition est un système viable tant que le nombre
d’actifs cotisants est suffisant par rapport au nombre de retraités.
Or, en France, la démographie actuelle bloque à terme ce
système puisque, si en 1990, il y avait 10 actifs pour 3 retraités,
d’ici 2040, il y aura 8 actifs pour 10 retraités.
Avec l’allongement de la durée de vie et l’arrivée
à la retraite des enfants du babyboom, les réformes de l’assurance
vieillesse sont inéluctables. Ainsi, depuis le 1er janvier 1994,
certains aménagements ont été mis en place :
- allongement de la durée de cotisation pour bénéficier
d’une retraite à taux
plein : de 150 à 160 trimestres, soit 40 ans ;
- extension de la période de référence du calcul
de la pension: 25 meilleures années au lieu de 10 ;
- indexation des pensions sur les prix à la consommation jusqu’en
1998.
En août 2003, la loi Fillon portant réforme de la retraite
réaffirme le principe
de la retraite par répartition, mais elle aménage et harmonise
les différents
régimes, de manière à stabiliser, à l’horizon
2020, le rapport entre le temps de
travail et le temps de retraite.
Les principaux points de cette loi et de ses textes d’application
portent sur :
- le rapprochement du dispositif de retraite des fonctionnaires sur celui
des
salariés du secteur privé ;
- l’allongement général de la durée de cotisations
(164 trimestres en 2012, soit
41 ans) ;
- la mise en place d’un mécanisme de surcote, permettant
d’obtenir une majoration de 3 % de la pension pour les salariés
âgés de plus de 60 ans ayant
cotisé au moins 160 trimestres et continuant à travailler
;
- la possibilité de racheter des années d’études
supérieures (3 ans maximum) ;
- la possibilité pour les salariés ayant commencé
à travailler très jeunes et
ayant une longue carrière de liquider leur pension avant 60 ans.
Par ailleurs, la loi Fillon a instauré de nouveaux produits d’épargne
réservés à
la retraite et fondés sur le principe de la capitalisation. Il
s’agit du Plan d’Épargne
Retraite Populaire (PERP), du Plan d’Épargne Retraite Collectif
(PERCO) et
du Plan d’Épargne Retraite Entreprise (PERE).
Les régimes de base et les régimes complémentaires
Selon le secteur d’activité et le statut, le régime
de retraite n’est pas le même. On distingue trois grands régimes
de retraite qui concernent les salariés du secteur privé,
les salariés de la fonction publique et les travailleurs non salariés.
Les salariés du secteur privé
Ils sont assujettis à deux régimes de retraite
obligatoires :
- le régime de base de la sécurité sociale (CNAV):
le montant de la pension versée
dépend de la durée de cotisation et du niveau des rémunérations
perçues ;
- des régimes complémentaires obligatoires (ARRCO
et AGIRC) : une pension complémentaire est versée
en contrepartie du versement régulier de cotisations obligatoires.
Les salariés non-cadres cotisent à une caisse relevant
du régime ARRCO et les cadres versent leurs cotisations à
deux caisses, l’une relevant de l’ARRCO
et l’autre de l’AGIRC.
Les salariés de la fonction publique
Jusqu’au 1er janvier 2004, cette catégorie de salariés
bénéficiait d’un régime de retraite particulier,
puisqu’ils cotisaient pour la grande majorité d’entre
eux à un régime unique. Avec la loi Fillon, leur régime
de retraite va rejoindre progressivement celui des salariés du
secteur privé.
Les travailleurs non salariés
On distingue pour les travailleurs non salariés 4 principaux
régimes de retraite :
les artisans : ils disposent d’un régime d’assurance
vieillesse spécifique (CANCAVA) aligné sur le régime
de base de la sécurité sociale ainsi que d’un régime
complémentaire obligatoire ;
les commerçants et industriels : leur régime
de retraite (ORGANIC) est aligné sur le régime général
et ils peuvent cotiser à un régime complémentaire
volontaire ;
les travailleurs agricoles non salariés : ils
dépendent d’un régime particulier (MSA) et cotisent
de manière obligatoire à un régime complémentaire
;
les professions libérales : au- delà d’un
système de base commun, chaque profession dispose de son propre
régime complémentaire.
De quel(s) organisme(s) de retraite complémentaire dépendez-vous
?
Si, au cours de votre carrière, vous avez changé de métier,
de statut et/ou de secteur d’activité, il faudra vous renseigner
auprès de chacun des organismes afin de vous assurer d’être
en possession de toutes les données vous concernant.
Il est donc indispensable de garder précieusement vos relevés
de points tout au long de votre carrière en plus de vos bulletins
de salaires.Quels revenus pour votre retraite ?
Difficile de savoir de quoi l’avenir sera fait :
mobilité professionnelle, changements
de carrière ou familiaux, les éléments d’incertitude
sont nombreux.
En tout état de cause, il est indispensable de préparer
sa retraite : c’est un long moment de vie et il est important
de mettre les meilleurs atouts de son côté le plus tôt
possible.
Le bilan de retraite personnalisé
Il permet de connaître, de manière d’autant plus précise
que vous approchez de l’âge de la retraite, le montant de
vos revenus au moment du départ. Les moyens d’obtenir ce
bilan sont divers.
Le relevé de carrière
À partir de 55 ans, vous pouvez demander un relevé de carrière
à votre caisse régionale d’assurance vieillesse et
sur le site de la CNAV (www.cnav.fr) qui offre un calcul estimatif de
la pension. Tout salarié du privé a également la
possibilité d’interroger sa dernière caisse de retraite
AGIRC ou ARRCO.
Les fonctionnaires doivent s’adresser à leur administration,
les artisans à la CANCAVA, les commerçants et industriels
à l’ORGANIC, les professions libérales à la
CNAVPL et les exploitants agricoles à la MSA.
Si vous avez exercé votre activité professionnelle dans
différents régimes, ce sont autant de demandes à
effectuer.
Une information individuelle globale
À compter de 2006, chacun devrait recevoir régulièrement
un bilan complet de ses droits à la retraite, intégrant
les régimes de base et les régimes complémentaires,
ainsi qu’une simulation de sa future pension.
Ceci implique une bonne coordination entre les différents régimes
de retraite, afin de faciliter la consolidation des données et
procurer ainsi à chaque assuré une information complète.
Un service d’évaluation
Un service indicatif d’évaluation devrait être
disponible sur le site : www.retraites.gouv.fr.
Alimenté par des données publiques, il sera prioritairement
destiné aux actifs les plus âgés, car ce sont les
plus concernés.
Des formules sur mesure
L’information publique sur l’estimation des retraites laisse
un vaste champ d’investigation à de nombreux acteurs privés
(sociétés spécialisées ou actuaires) qui proposent
un bilan personnalisé pour un tarif situé entre 1 000 et
2 000 euros.
Il est également possible de demander à votre conseiller,
qui dispose d’outils adaptés, une estimation de votre taux
de remplacement.
Quels éléments prendre en compte dans votre estimation
de revenus ?
Outre les données obtenues grâce au bilan retraite, il faut
tenir compte d’un certain nombre d’autres éléments
:
- les qualités des contrats obligatoires comme facultatifs (PERP,
PERCO, contrats de retraite collective*),
- les performances des contrats d’assurance-vie ou des produits
bancaires,
- le fait de bénéficier d’une prime de départ
substantielle, voire de la cession de stock-options.
Par ailleurs, parmi les salariés et non salariés parvenant
à l’âge de la retraite, tous ceux qui auront acheté
leur résidence principale et fini de la payer (un Français
sur deux) économiseront le montant d’un loyer.
Enfin, selon son environnement familial, un célibataire (ou un
couple) reçoit généralement à l’âge
de la retraite un ou deux héritage(s) plus ou moins important(s),
mais comprenant fréquemment un bien immobilier au moins.
Ce dernier peut alors être revendu et/ou valorisé, ce qui
s’ajoute aux revenus existants.
Estimez vos capacités d’épargne
De nombreux facteurs déterminent les revenus de retraite : déroulement
de carrière, situation familiale, mais aussi les choix effectués
en matière d’épargne retraite.
Le calcul anticipé des revenus escomptés au moment de la
retraite comporte d’importantes inconnues en début de carrière:
le degré de réussite professionnelle par exemple, sans oublier
la santé, le risque d’accident, de faillite, de licenciement,
de modification législative ou fiscale…
Quelqu’un qui part à la retraite aujourd’hui touchera
environ 60 % de son dernier salaire. Pour celui qui partira dans 10, 20,
30 ans ou plus, ce taux chutera vraisemblablement de manière significative.
Il est donc important, quel que soit son âge (et le plus tôt
est le mieux), de penser à se constituer un complément de
revenus en vue de la retraite.
Comment faire en pratique ?
Effectuez une estimation gratuite de votre future retraite, auprès
de votre conseiller ou sur le site www.suravenir.fr. Vous pourrez calculer,
en pourcentage de votre dernier salaire, ce que vous souhaiteriez toucher
pour vivre confortablement votre retraite. Vous connaîtrez alors
le montant de l’effort d’épargne que cela vous demande
dès aujourd’hui.
Il vous restera ensuite à sélectionner les produits d’épargne
retraite qui vous permettront d’atteindre votre objectif.
Les solutions d’épargne
Pas facile de choisir entre les différents dispositifs, d’autant
qu’il existe des produits individuels ou collectifs ! Mieux vaut
être informé de toutes les solutions
existantes, de manière à trouver celles qui correspondent
à votre budget et à vos attentes.
L’immobilier
Pour se constituer un patrimoine, investir dans l’immobilier est
une bonne solution. Certaines formules de placement permettent en effet
de se préparer une retraite plus confortable sans pour autant se
lancer dans des opérations lourdes.
Acquérir sa résidence
Devenir propriétaire, c’est à la fois se constituer
un patrimoine et préparer sa retraite. Quant à savoir s’il
vaut mieux acheter sa résidence principale ou secondaire, peu importe(1)
! Une résidence principale éloignée de la famille
ou implantée dans une région peu hospitalière devient
vite une contrainte. Mieux vaut parfois investir dans une résidence
secondaire bien située qui vous accueillera définitivement
une fois votre vie professionnelle terminée.
Acheter pour louer
L’investissement immobilier peut également représenter
pour vous un complément de revenus appréciable. L’immobilier
locatif (neuf ou ancien) et l’investissement pierre-papier (parts
de SCPI(2)) sont les solutions les plus couramment retenues.
Quelle que soit votre situation, un entretien avec votre conseiller vous
permettra d’y voir plus clair. Car il faut envisager le projet sous
tous ses aspects : du financement à la fiscalité, rien ne
doit être laissé au hasard. Et un financement bien pensé
peut s’avérer un levier fiscal intéressant.
• Sous réserve des conditions d’attribution relatives
aux prêts immobiliers réglementés.
• Société Civile de Placements Immobiliers.
L’assurance-vie
Rendement confortable, souplesse des formules et fiscalité
avantageuse : le contrat d’assurance-vie apparaît
aujourd’hui comme l’un des produits les plus en vue du marché.
C’est un produit idéal qui figure au premier plan pour se
constituer un complément de retraite.
Parmi les produits d’épargne retraite,
l’assurance-vie présente un attrait certain, notamment par
sa fiscalité privilégiée.
Formules garanties ou non, en unités de compte ou en euros,
à versements libres ou programmés : l’assurance-vie
s’adapte à vos aspirations.
Le contrat le plus souple pour se constituer un complément de
ressources en vue de la retraite est le contrat multisupport. Il permet
en effet, dans son cadre fiscal avantageux :
- d’opter pour une épargne sécurisée, avec
le fonds en euros ;
- de diversifier tout ou partie de son capital sur les unités
de compte.
Une épargne en toute sécurité :
le fonds en euros
Le fonds en euros permet un investissement sans risque en capital et
bénéficie d’un rendement lié au niveau du marché
obligataire.
Les intérêts dégagés sur le fonds en euros
sont définitivement acquis : c’est l’effet de “cliquet”
; ils bénéficient à leur tour des mêmes modalités
de rémunération que les versements.
Cet investissement sécuritaire peut être complété
par une diversification sous forme d’obligations convertibles en
actions.
Diversifier son capital : quelles options retenir* ?
Différentes options s’offrent à vous pour diversifier
votre épargne. En effet, il vous est possible d’opter pour
une gestion libre, dans laquelle vous choisissez, parmi les supports d’investissement
proposés dans le contrat, ceux qui correspondent le mieux à
vos objectifs.
La plupart des contrats d’assurance- vie permettent également
d’opter pour une gestion profilée, sur deux modèles
:
- la gestion à horizon, pour se constituer un capital en vue d’une
échéance connue à l’avance (par exemple la
date de votre retraite), avec une sécurisation progressive à
l’approche de l’échéance ;
les fonds profilés (du plus prudent au plus dynamique) pour se
constituer un capital qui sera géré selon le niveau de risque
accepté.
Quelle fiscalité pour l’assurance- vie ?
La fiscalité d’un contrat d’assurance-vie est avantageuse,
particulièrement si le contrat a plus de 8 ans. Pour plus d’information,
n’hésitez pas à demander le Guide fiscal de l’assurance-vie.
Il vous sera remis gracieusement.
Les produits bancaires
Ils constituent des solutions performantes(1) pour améliorer votre
future retraite.
Pas à pas…
L’épargne volontaire reste une bonne solution pour améliorer
votre retraite. Le succès de cette démarche nécessite
un préalable : se constituer une épargne de précaution
pour faire face à d’éventuels imprévus. Ce
préalable étant respecté, un certain nombre de solutions
s’offrent à vous.
Vous pouvez, par exemple, optimiser vos placements existants par des
versements périodiques. Ils permettent d’augmenter son capital
de façon progressive et en douceur : une méthode simple
et efficace pour épargner sans déséquilibrer son
budget.
Par ailleurs, le Plan d’Épargne en Actions est une des autres
réponses possibles.
Le PEA : pour dynamiser votre épargne
Le Plan d’Épargne en Actions est une solution idéale
pour celles et ceux qui disposent d’un peu de temps pour préparer
financièrement leur retraite. En effet, à condition de n’effectuer
aucun retrait pendant 5 ans, les gains réalisés dans un
PEA sont définitivement exonérés d’impôt
sur le revenu (hors contributions sociales), y compris lors de leur sortie.
Et, à l’issue de 8 ans minimum, vous pouvez, par exemple,
choisir de sortir en rente viagère, afin d’obtenir un complément
de retraite.
Tout retrait avant 8 ans entraîne la clôture du placement.
Passé ce délai, les retraits partiels deviennent possibles
sans engendrer la clôture du PEA.
Un placement accessible à tous(2)
Par sa souplesse de fonctionnement et la diversité des formules
d’investissement qu’il propose, le PEA est réellement
un placement accessible à tous : des fonds à formule garantis
sont émis périodiquement, de nombreux Fonds Communs de Placement
et SICAV répondant aux normes du PEA vous sont proposés
et vous pouvez investir vous-même en actions de la zone euro. Le
choix est vaste et permet à chacun une gestion personnalisée
de son niveau de risque et de son placement.
• Les placements boursiers sont soumis aux fluctuations, à
la hausse ou à la baisse, des marchés financiers. Les résultats
passés ne sauraient préjuger des résultats à
venir.
• Sous réserve de domiciliation fiscale en France.
Le plan d’épargne retraite populaire
Ce nouveau dispositif, créé par la loi Fillon, est ouvert
à toute personne désirant se constituer à son rythme
une épargne retraite à des conditions fiscalement avantageuses.
Le PERP peut être souscrit par toute personne, quel que soit son
statut : salarié, travailleur non salarié, exploitant agricole,
fonctionnaire, inactif.
L’épargne accumulée sera bloquée jusqu’à
votre départ en retraite. Souscrire un tel contrat, c’est
donc s’engager sur le long terme.
En matière de versements, le plan d’épargne retraite
populaire bénéficie de la même souplesse qu’un
contrat d’assurance-vie. Libres ou programmés, les versements
ne sont pas plafonnés.
La sortie en rente
Seule une sortie au moment du départ à la retraite est
autorisée. Elle se fera sous forme de rente viagère et viendra
compléter les pensions éventuellement perçues au
titre des régimes de base et complémentaires. Le montant
de la rente dépendra pour partie de la somme totale versée
sur votre contrat, de votre âge au moment du départ en retraite
et des options de rente choisies (réversion, annuités garanties...).
Dans des cas exceptionnels définis par la loi, cette épargne
peut être débloquée avant le départ à
la retraite. C’est notamment possible dans certains cas d’invalidité,
de fin de droit au chômage ou de liquidation judiciaire.
La fiscalité du PERP
C’est au moment où vous alimentez votre plan d’épargne
retraite populaire que vous pouvez bénéficier d’avantages
fiscaux. En effet, les sommes versées sur votre contrat sont déductibles
chaque année de votre revenu imposable dans la limite d’un
plafond global de déductibilité équivalent à
10% de vos revenus d’activité professionnelle (1).
Et si vous ne profitez pas totalement de cette opportunité, le
solde non utilisé peut être reporté au maximum sur
les trois années suivantes. Un avantage d’autant plus intéressant
si vous êtes imposé de façon significative.
La rente versée au moment du départ à la retraite
est, quant à elle, imposable selon le régime des pensions.
En cas de décès, vous pouvez également choisir qu’elle
soit reversée à un bénéficiaire désigné.
Au moment de se décider à mettre en place sa solution retraite
individuelle, il est important de se renseigner, au sein de son entreprise,
sur les mécanismes déjà mis en place par l’employeur
(article 83, PEE, PERCO). En effet, l’impact fiscal du PERP au niveau
individuel est lié aux versements déjà effectués
dans le cadre de ces contrats collectifs.
Les cotisations déductibles versées le cas échéant
à d’autres régimes de retraite facultatifs (art.83,
Madelin...) s’imputent sur ce même plafond.
Les contrats collectifs
Parmi les produits d’épargne retraite, certains sont accessibles
par le biais de l’entreprise, comme le Plan d’Épargne
Retraite COllective (PERCO) ou les contrats dits “article 83”.
Mais seul l’employeur peut les mettre en place.
Le PERCO
Il est destiné aux salariés qui désirent épargner
durant leur vie active en vue
d’avoir une meilleure retraite le moment venu.
Il est en partie financé par l’entreprise, qui peut
verser un abondement venant majorer l’épargne investie par
le salarié : lorsque le salarié choisit de verser
une somme sur son PERCO, l’entreprise peut s’être engagée
à verser un montant proportionnel. Cet abondement n’est pas
soumis à l’impôt ni aux charges sociales (dans la limite
de 4 600 euros par an).
Les sommes placées sur le PERCO sont indisponibles jusqu’à
la date du départ en retraite. Elles sont investies dans des Organismes
de Placements Collectifs en Valeurs Mobilières (OPCVM)
: Sicav, fonds communs de placement…
Au moment du départ à la retraite, les capitaux peuvent
être perçus sous forme d’une somme versée en
une seule fois et exonérée d’impôt, ou sous
forme de rente.
Cette épargne ne peut être débloquée avant
le départ à la retraite sauf dans certaines situations,
définies par la loi.
C’est le cas lors de l’acquisition d’une résidence
principale, en cas d’invalidité, de fin de droit au chômage
ou de surendettement.
Le contrat article 83
Il s’agit d’un contrat collectif de retraite surcomplémentaire
à affiliation obligatoire. La mise en place de ce type de contrat
permet à l’entreprise de constituer pour tous ses salariés,
ou seulement certaines catégories, une rente viagère perçue
au moment du départ à la retraite.
Mis en place par accord d’entreprise, référendum
ou décision unilatérale de l’employeur, le contrat
ouvre à chaque salarié concerné un fonds individuel
de retraite, alimenté par l’entreprise et éventuellement
par le salarié lui-même. L’entreprise peut aussi reconstituer
pour ses salariés tout ou partie des années correspondant
à celles passées dans l’entreprise avant la mise en
place du contrat.
Au moment du départ en retraite, le fonds est transformé
en rente viagère, sans possibilité de sortie en capital.
Ce complément de revenus permettra aux salariés concernés,
au moment de leur cessation d’activité, de maintenir un niveau
de vie plus proche de celui auquel ils étaient habitués.
Ce type de contrat est particulièrement souple et attrayant sur
le plan fiscal et social, tant pour l’entreprise que pour le salarié,
dans certaines limites et sous certaines conditions.
Le contrat article 83 est désormais éligible aux nouvelles
dispositions de la loi Fillon sous réserve qu’il respecte
certaines règles applicables au PERP. Il est alors appelé
PERE (Plan d’Épargne Retraite Entreprise). Il permet d’offrir
aux salariés, dans le cadre de l’entreprise, un produit de
retraite supplémentaire comprenant:
- des cotisations obligatoires déductibles des salaires,
- des cotisations facultatives déductibles du revenu net global.
Le contrat “loi Madelin”
Il a été créé afin de réduire les
inégalités entre salariés et professionnels indépendants.
Grâce à ce type de contrat, les travailleurs non salariés
non agricoles ainsi que leurs conjoints collaborateurs peuvent se constituer
un complément de retraite et déduire de leur bénéfice
imposable les cotisations versées (sous certaines conditions et
dans certaines limites). La prestation leur est versée à
compter de la liquidation de la retraite, obligatoirement sous la forme
d’une rente viagère, imposable au titre du régime
des pensions. Cette rente peur être réversible en cas de
décès. Il est cependant possible de procéder à
un rachat de son contrat en cas de cessation d’activité consécutive
à un jugement de liquidation judiciaire, ou en cas d’invalidité
de 2e ou 3e catégorie. Les fonds disponibles sur le contrat sont
alors versés sous forme de capital.
Jouer la complémentarité
Bien préparer sa retraite, c’est l’objectif commun
à tous ces produits, dont le fonctionnement et les atouts particuliers
restent très complémentaires.
En tout état de cause et pour être sûr de faire les
bons choix, compte tenu de votre situation familiale, financière
et patrimoniale, faites confiance à votre conseiller. Vous sélectionnerez
ensemble les produits les mieux adaptés à votre “stratégie
retraite”.
Les informations pratiques sur la retraite
Quelles démarches pour préparer votre retraite ?
La retraite se prépare dès l’entrée dans la
vie active.
Plus l’échéance approche, plus il est nécessaire
de s’en préoccuper. Afin d’ajuster votre stratégie
patrimoniale, pensez à faire un bilan à partir de la quarantaine
et plus nécessairement encore après 50 ans, en interrogeant
les divers organismes publics et privés auxquels vous avez été
assujettis durant votre carrière.
La marche à suivre
- Dès votre entrée dans la vie active :
préoccupez-vous des différents mécanismes
de financement complémentaire pour votre retraite.
- Au plus tard 20 ans avant la cessation d’activité
: faites une simulation pour estimer le montant de votre future
pension de retraite et commencez à épargner. Plus vous démarrerez
tôt cet effort d’épargne, moins celui-ci vous paraîtra
contraignant. Il le sera d’autant moins si vous optez pour la mise
en place de versements programmés.
- 10 ans avant la cessation d’activité :
ajustez votre stratégie patrimoniale en mettant en place, si besoin
est, des contrats appropriés.
- 5 ans avant la cessation d’activité :
commencez à collecter tous les documents
retraçant votre carrière professionnelle :
bulletins de salaires, certificats de travail, justificatifs de maladie
ou de périodes de chômage, relevés de points de retraite.
- 1 à 2 ans avant la cessation d’activité
: demandez votre relevé de cotisation-salaire à
la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse. Si le nombre de trimestres
n’est pas suffisant pour percevoir une retraite à taux plein,
vous avez intérêt à continuer de travailler pour parvenir
au nombre de trimestres nécessaires.
- 6 mois avant le départ en retraite : demandez
l’imprimé "demande de liquidation de la retraite"
auprès de votre caisse de Sécurité Sociale ou de
votre mairie. Prévenez votre employeur de votre intention de partir
en retraite, afin de respecter le délai officiel de préavis,
cette démarche étant entièrement à votre initiative.
Quant à savoir comment s’y retrouver, entre produits bancaires,
assurance-vie et plan d’épargne retraite populaire, entre
sortie en rente ou en capital, ou encore entre sécurité
et degré d’exposition au risque, la meilleure solution consiste
à déterminer une juste répartition avec le concours
d’un professionnel.
Il est également nécessaire de garder en permanence un
œil sur le compteur fiscal. Cependant, ce n’est qu’un
paramètre parmi d’autres, susceptible d’évoluer.
Où s’informer ?
• Point d’accueil-retraite de la Caisse Nationale d’Assurance
Vieillesse
la plus proche de votre domicile.
• Par téléphone
0 826 826 700 : Service Infos Retraites,
agréé par le ministère des Affaires Sociales (0,15
e TTC/mn).
01 71 72 12 00 : AGIRC et ARRCO (prix d’un appel
local), de 9 h 30 à 12 h 15
et de 14 h 15 à 16 heures, du lundi au samedi.
• Sites internet
www.retraites.gouv.fr : site officiel du gouvernement
pour l’information
sur l’avenir des retraites.
www.cnav.fr : site commun des organismes de retraite,
parmi lesquels la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse.
www.observatoire-retraites.org : site de l’Observatoire
des Retraites,
association ayant pour mission d’encourager l’étude
et l’analyse
des différents systèmes de retraite.
www.espaceretraite.tm.fr : créé par la
CNAV en collaboration
avec d’autres régimes complémentaires.
www.service-public.fr : portail de l’administration
française.
Cliquez sur Retraite.
www.agirc.fr : site du régime de retraite complémentaire
des salariés cadres.
www.arrco.fr : site du régime de retraite complémentaire
des salariés du secteur privé.
• Guides gratuits
Ma retraite mode d’emploi (régime général)
publié par le ministère des Affaires sociales, du Travail
et de la Solidarité (Sicom).
Retraite des fonctionnaires, guide pratique (fonction publique).
Lexique
Annuité : montant de prestation correspondant
à une année de cotisation.
Caisse de retraite : c’est l’organisme qui
met en application l’ensemble des règles édictées
par un régime. Elle reçoit les adhésions
des sociétés, les affiliations des participants, les cotisations
et distribue en retour
les pensions.
Capitalisation (retraite par) : système de retraite
fondé sur la constitution
d’une épargne individuelle qui fructifie par ses intérêts
financiers (opposé à répartition).
Contrats dits art.83, ou régimes à cotisations
définies : ce sont des contrats d’assurance de groupe
signés entre un assureur et un employeur. Tous les salariés
ou une partie des salariés de l’entreprise contractante
y sont affiliés ; ils bénéficieront ainsi d’un
complément de retraite.
Le montant des cotisations doit être uniforme pour tout le personnel
ou une catégorie définie, telle que les cadres par exemple.
Liquidation : on parle de liquidation de ses droits
à la retraite, ou bien de liquider
sa retraite. La liquidation est le calcul des droits à la retraite.
La date de
liquidation détermine le point de départ de la pension.
Pension de réversion : une personne ayant cotisé
à un régime de retraite perçoit
une pension de retraite de “droit direct”.
Une veuve (ou un veuf) peut recevoir une partie de la pension
de son conjoint décédé : c’est une
pension de réversion, dite aussi de “droit dérivé”.
Régime de base : c’est le premier niveau
de retraite obligatoire. Tous les actifs
sont donc affiliés, selon leur catégorie, à l’un
des quatre régimes de base (salariés,
non-salariés, agricoles, fonction publique).
deRégimes alignés : régime de base
appliquant des règles alignées sur celles du régime
général (CNAV). Il s’agit de la CANCAVA pour les artisans,
de l’ORGANIC pour les commerçants, du régime géré
par la MSA pour les salariés agricoles.
Régime de retraite : c’est un ensemble
de règles communes destinées à une catégorie
précise de personnes. Ces règles détaillent dans
quelles conditions et selon quels critères la pension de retraite
sera attribuée.
Régime complémentaire : régime
de retraite qui vient en complément du régime de base, notamment
pour les salariés du privé ou pour les non-salariés.
Il fonctionne le plus souvent en points.
Régime par points : régime dans lequel
les cotisations donnent lieu chaque année
à l’acquisition par l’assuré d’un certain
nombre de points. Pour cela on divise
le montant de la cotisation versée par une grandeur appelée
“salaire de référence” ; le nombre de points
est ainsi proportionnel à la cotisation et donc au salaire.
Ce salaire de référence est révisé tous les
ans en fonction de l’évolution des prix
ou des salaires.
Au moment du départ en retraite, la pension est égale au
produit du nombre
de points par la valeur de service du point. La valeur du point peut
être indexée
sur les prix ou sur les salaires. Ainsi, la pension n’est pas calculée
en fonction du nombre d’années validées mais en fonction
du nombre de points comptabilisés tout au long de la carrière.
Répartition (retraite par) : le système
par répartition est celui qui fonctionne aujourd’hui en France
pour les régimes obligatoires. Ce système est fondé
sur
un contrat entre les générations : les
actifs d’aujourd’hui payent les pensions des retraités
d’aujourd’hui et ce sont les actifs de demain qui financeront
à leur tour
les retraites des actifs d’aujourd’hui.
Revalorisation : tous les ans les pensions de retraite
peuvent être revalorisées (augmentées) afin de tenir
compte de l’évolution des prix, ou pour maintenir une évolution
parallèle à celle des salaires ; la revalorisation peut
aussi être un peu supérieure aux prix, c’est le “coup
de pouce”. Pour les régimes par points,
• la pension étant calculée en fonction du nombre
de points, c’est la valeur
• du point qui est revalorisée chaque année.
• On parle d’indexation sur les prix
ou sur les salaires pour désigner une règle générale
de revalorisation en fonction
de l’évolution des prix ou des salaires.
Réversion : droits accordés aux ayants
droits d’un retraité décédé. Ces derniers
bénéficient d’une partie de la retraite sans avoir
eux- mêmes cotisé.
Taux de remplacement : c’est le rapport entre
le montant de la pension et le dernier salaire obtenu.
Sigles et acronymes
AGIRC : Association Générale des Institutions
de Retraite des Cadres
(pour les salariés du secteur privé).
ARRCO : Association des Régimes de Retraite COmplémentaires
(pour les salariés du secteur privé).
CNAV : Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse
des travailleurs salariés
(régime général).
FRR : Fonds de Réserve pour les Retraites.
FSV : Fonds de Solidarité Vieillesse.
MSA : Mutualité Sociale Agricole (régime
de base pour les exploitants agricoles).
PEA : Plan d’épargne en Actions.
PEE : Plan d’épargne Entreprise.
PERCO : Plan d’épargne Retraite COllectif.
PERE : Plan d’épargne Retraite Entreprise.
PERP : Plan d’épargne Retraite Populaire.
PGD : Plafond Global de Déductibilité.
PRP : Dispositif de préretraite Progressive.
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